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Band of Brothers

Band of Brothers Part 72

Dans la rubrique Band of Brothers nous donnons la parole à des amateurs de sneakers, pour cette soixante douzième interview express, Lamine a des choses à vous dire…

Bonjour Lamine présente toi en quelques mots ?

Je m’appelle Lamine, j’ai 32 ans, je suis jeune chef d’entreprise, passionné de nouvelles technologies et de savoir-faire technique et artisanaux comme la fabrication électronique, automobile… ou encore sportswear et particulierement en ce qui conserne les chaussures.

Par quel biais es-tu venu à la basket ? Est-ce par le sport, la curiosité du moment ?

Je suis venu à la basket à la fois par le sport (basketball initialement) et un mélange de curiosité et de fascination du style des chaussures portées par les sportifs (Jordan, Barkley, Agassi, Jim Courrier, Pippen, Robinson, …) ou certains acteurs que je voyais à la télé (Mac Gyver, Parker Lewis, Axel Foley, …) et de la technique (forme, amorti, laçage…). Je consommais beaucoup de télévision dans mon jeune âge, en particulier les programmes sportifs tels que Roland Garros, l’athletisme, le football, le basketball… Et n’ayant pas la chance d’avoir Canal+ à l’époque, je regardais les résumés NBA à la télé le dimanche après-midi (tout début des années 90) et je focalisais principalement sur les paires de chaussures que portaient les meilleurs joueurs, ceux qui faisaient de beaux dunks, du beau jeu.

Te rappelles-tu de ta première paire ?

Ma toute première vraie paire de sneaker dont je me souviens était une paire de Nike Drivin Force 2 (1992), j’étais en CM1, et je m’en rappelle particulièrement bien car je me l’étais payé seul avec mon argent de poche, à ERAM. Habitant en province, à l’époque il n’y avait pas de Footlocker, de Courir, de Décathlon (qui ont ouvert dans un grand centre commercial prés de chez moi à partir de 93/94) du coup il y avait quelques paires « basiques » mais sympa dans une boutique telle que ERAM.

Tu sembles brandir comme un trophée une Nike Air Max Force Barkley. As-tu une histoire particulière avec cette paire ? Pourquoi ce choix? Qu’apprécies-tu dans ce modèle ?

J’ai choisi de porter cette Nike Air Max Force B (Barkley) de 1993 car c’est une paire, une année, et une période de ma vie qui m’a marqué : cette paire j’ai réussi à l’avoir tardivement (il y a moins de 5 ans… et 2 paires d’un coup !) et j’en avais toujours rêvé car à l’époque en 93 j’étais en CM2 et un de mes copains (Nicolas B. qui se reconnaitra ^^) en portait une paire pour jouer au basket, mais aussi pour jouer au foot avec le ballon en mousse dans notre cour de récréation ! Étant également un grand fan de football, cette paire est sortie l’année où l’Olympique de Marseille (mon club favoris) remportait la Ligue des champions, et on s’identifiait à Franck Sauzé, Abdedi Pelé, ou Basile Boli en jouant au foot, et cela me rendait malade de voir mon copain Nicolas jouer avec sa superbe paire de basket au foot même par temps de pluie.

Tu vis en province, Explique nous comment a débuté ta culture sneaker loin de la capitale, as-tu des anecdotes ?

Oui comme expliqué, les magasins spécialisés sont arrivés tardivement là où j’habite (en Normandie proche de Rouen) et du coup on ne trouvait pas tout, mais il y avait certaines paires dans des magasins comme ERAM ou encore dans certains hypermarchés ; je me rappelle particulièrement d’avoir vu pour la première fois de ma vie une paire de Pump chez Leclerc, elles étaient vendues en rayon sans box et à un prix de « 999 francs » (taille adulte)… C’était hallucinant à l’époque (idem pour les Air Max BW qui valait environ 690 francs si je me souviens bien). Jouant au basket en club je commençais à voir mes camarades porter ces paires mythiques et les premières Jordan qui commençaient à se vendre dans le coin (à partir de la Jordan 7 dans mes souvenirs). Puis sont arrivés Courir, Decathlon, où à cette période 93/94/95 on trouvait de superbes paires (Nike Air Magnum Force, Huarache, Cross-trainer, Pump, LA-Gear, Puma Disc…) je passais mon temps à visiter et contempler ces paires que je ne pouvais pas avoir à l’époque pendant que ma mère faisait les courses.

Pourquoi un tel engouement autour de la Sneaker aujourd’hui ? Comment vois-tu le marché actuel de la sneaker ?

Je pense que la sneaker est un élément clé d’une tenue de tous les jours au-delà même du sport. On peut presque être habillé n’importe comment ou avec de vieux habits, une belle paire de sneakers toute neuve bien brillante (une Air Force One white on white par exemple) ou d’époque en bon état cela se remarque tout de suite et cela ressort par rapport à sa tenue. Aussi, je pense que cela fait à la fois partie de l’engouement de tout ce qui est rétro depuis quelques années (vêtements, vinyles, véhicules…) et qu’il y a bon nombre de « young timer » comme on dit, qui aiment à se souvenir d’une époque et de racheter des paires en rééditions qu’ils n’ont pu se payer à un moment. Le sport majoritairement est également un vecteur principal qui véhicule toujours un ensemble de nouveautés technologiques et de styles qui font que la sneaker reste un objet particulier bien plus qu’une ceinture, qu’une casquette ou qu’une chemise.

Le Hip hop et basket-ball ont toujours été des univers très fusionnels en ce qui conserne la sneakers ? Comment expliques-tu la génese de ce phénomène ( cette transversalité) ?

Les deux ont toujours été intimement liés grâce à l’univers le plus populaire qu’il soit : la rue. Depuis les années 70, le plus pratique à porter pour les enfants, les jeunes et surtout en terme de résistance et de prix c’est la basket (Puma Clyde/Suède, Adidas Gazelle/SuperStar/StanSmith, Converse AllStar, Reebok Classic, puis Nike …) … le basketball d’un côté et le Hip Hop de l’autre (grâce aux BBoys et à Run DMC principalement) ont rendu la basket objet culte de la jeunesse, des rues, et de la classe la plus populaire d’entre nous aux USA dans un premier temps puis partout dans le monde entre 80 et début 90. La culture urbaine a toujours eu besoin de symbole et le meilleur point de liaison entre les deux, le sport (basket, danse) et le HipHop était la sneaker. Pour pas grand chose (à raison d’une paire de basket pour 1 ou 2 ans… Il fallait que cela tienne tant que l’on rentrait dedans lol) on pouvait avoir du style, être cool, et être en tenue pour pratiquer du sport ou s’exprimer en milieu urbain.

Selon ton experience, pourquoi existe t-il un clivage aussi marqué entre la nouvelle et l’ancienne génération de sneaker addict ou sneakerhead ?

Je pense que le fait d’avoir vécu dés le début ou dans la période où se sont produits ces changements culturels et techniques (la semelle à bulle d’air, la pump, le disc, etc…) qui sont de vrais bouleversements et nouveautés dans le quotidien des gens, ce n’est pas la même chose que de faire parti des plus jeunes générations (nées courant les années 90 ou 2000) qui prennent ces évolutions comme si cela avait toujours existé. C’est comme l’arrivée des premiers téléphones portables, de l’informatique, d’internet… Avoir vécu l’arrivée de ces nouveaux outils et nouvelles technologies en connaissant l’avant et l’après, ce n’est pas pareil que de vivre directement avec ces technologies qui semblent surement banales pour les nouvelles générations. Mais elles aussi vivront certainement des choses qui les marqueront dans quelques années … et ainsi de suite pour les générations futures.
Il y a aussi un rapport à l’objet, aux éléments de fabrication, aux performances liées des sportifs mythiques des années 80/90 qui étaient de plus en plus médiatisés, et surtout je pense au prix et à la difficulté d’avoir pu avoir nos premières paires qui est totalement différent de ce qui peut exister maintenant.

Es-tu plus sélectif qu’avant ou achètes-tu sur des coups de tête ou des coups de coeur ? Te considères-tu comme un sneaker addict ? Ce terme est à la mode, qu’en penses-tu ?

Après m’être fait plaisir durant quelques années (après avoir eu mes premiers petits boulots et premier vrai emploi), je me suis « calmé » et suis beaucoup plus sélectif car le flow de rééditions rétro et de releases est très important (il y a au moins une sortie de Jordan par semaine par exemple), et surtout les prix ont flambé … pour de la qualité moindre. J’achète toujours mais je garde ce côté minutieux de bien me renseigner avant sur la qualité de fabrication, les matériaux, la forme de la paire par rapport à celle de l’époque, … etc. Sneaker addict, non car je ne suis pas accro, j’aime mes paires, j’en ai un peu plus d’un cinquantaine, mais c’est surtout pour la nostalgie ou la performance (running, basket, football, marche) et si je devais pour X raisons m’en débarrasser du jour au lendemain je le ferais (bon pas tout de suite quand même … ^^).
Le terme de sneaker addict est à la mode car c’est un phénomène réel et qu’il est approprié pour certains que je connais lol mais je regrette que dans ce terme il ne soit associé qu’à celui de la consommation effrénée … je préfèrerais lui associer le mot culture… Sneakers culture… Tiens cela me dit quelque-chose !

Qu’est ce la culture sneaker pour toi ?

Pour moi c’est le fait d’apprécier la chaussure de sport en tant qu’objet de style, de technologie, de fabrication, et de s’intéresser un minimum à l’histoire ou la période à laquelle elle est associée. Pour un bon nombre de paires, surtout les plus emblématiques il y a une performance (un athlète), un évènement (jeux olympiques, championnats…), ou une période liée. Dès fois des choses toutes simples de notre vie, par exemple pour les gens de ma génération l’Adidas Stan Smith, la Reebok Classic ou l’Air Max BW, cela représente LA paire qu’il fallait avoir au collège ou au lycée … et que l’on pouvait trouver sur les marchés ou certaines boutiques pour pas trop cher.

Le mot de la fin ???

Le meilleur moyen d’apprécier son quotidien est de s’y intéresser et de s’y investir, dans tout ce qu’il peut comporter : de votre paire de chaussure, à votre boulot, en passant par le vieux monsieur qui fait ses courses en bas de chez vous ou à la manière dont les personnes discutent entre elles. Vivre son quotidien jour après jour comme de simples journées qui se succèdent sans saveur, sans culture, sans intérêt, sans projet, est une triste manière de vivre sa vie. Pour profiter de votre vie à fond, n’attendez pas que les choses viennent à vous, impliquez-vous, intéressez-vous, vous ne cesserez d’apprendre et de vous enrichir de toutes les manières possibles.

Retrouvez Lamine dans son émission radio « Pour vos oreilles » tout les vendredis de 22h à 23h sur Radio RC2: DJ Lame-in – Pour vos oreilles

Crédit photos: Jam Devill

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Band of Brothers Part 70

Dans la rubrique Band of Brothers nous donnons la parole à des amateurs de sneakers, pour cette soixante dixième interview express, Marie a des choses à vous dire…

Bonjour Marie, présente toi en quelques mots.
Bonjour, je m’appelle Marie, je vais avoir 25 ans, déprimant. Je vis sur Metz avec ma pote depuis peu, et je suis recruteur-commercial au sein d’une agence intérim. Et, comme diront certaines meufs, j’ai des pieds extensibles niveau taille, mes paires vont du 4,5Y au 6US pour certaines. Du coup c’est pratique pour certains modèles.

Quel a été le facteur déclenchant de la passion pour la kicks?
J’ai grandi dans un village paumé en Moselle, niveau shop c’était pas le top du top. En plus, ma mère était souvent réticente pour m’acheter des paires, j’avais droit au petites robes, frou frou etc. La pratique de la danse classique n’arrangeait pas les choses. Mais j’arrivais quand même à avoir une paire pour chaque rentrée Mais tout ça vient de mon frère avec qui j’ai 11 ans de différence. Il est parti assez tôt de la maison, a bougé pas mal dans la France. Quand il rentrait j’étais collé à lui, c’était mon modèle ( ça l’est toujours d’ailleurs ). Il a toujours porté des kicks, donc pour moi y a pas vraiment de facteur déclenchant mais plutôt une transmission de passion. Quand il me parle des paires qu’il avait étant jeune, je me dis qu’il a de la chance parce que c’est pas les mêmes produits que maintenant.

Tu sembles brandir comme un trophé une paire de Huarache ? As-tu une histoire particulière avec cette paire?
Cette Hua’, c’est mon « graal » clairement. Mon frère l’avait, j’ai du la voir sur quelques photos en fait, et c’était le gros coup de coeur. Alors c’est pas une histoire particulière mais surtout mon plus gros coup de coeur que j’ai eu devant une paire. Le design, la couleur j’ai tout kiffé direct. Quand j’ai commencé à m’acheter des paires, je me suis mise à la chercher mais bon niveau prix …. C’était totalement hors budget. Au bout de 3/4 mois, j’ai lâché l’affaire, dégoûtée de pas l’avoir. Y a une chanson de Naak Mendosa ( « Respire » ) qui me déprimait dès que je l’écoutais vu qu’il parle d’une Huarache dedans. Ça me rappelait que je ne l’avais toujours pas en ma possession à chaque écoute. Pour cette paire, je ne peux que remercier Caroline P. qui vendait la sienne lors du premier sneaker évent de Paris. Maintenant, j’ai tellement peur de la porter, que c’est mon « trophée » exposé dans le salon au grand damne Lisa, ma coloc, et, intouchable pour ceux qui viennent chez moi d’ailleurs.

Te souviens-tu de ta première paire?
Ma première paire, oui je m’en souviens comme si c’était hier. L’été 98, mes premières vacances avec ma famille en Sardaigne. Ma marraine me propose de faire les boutiques, on a fini chez Nike, j’avais déjà en tête d’acheter un jogging et des baskets. J’ai flash sur une paire de cortez en cuir blanc avec le swoosh orange. Elle m’a fait rêvé, je l’ai rocké à fond mais je crois que je l’ai encore chez mes parents. J’étais trop fière d’avoir cette paire aux pieds. J’ai cherché une Cortez pendant un an et demi, impossible à en trouver une similaire. Et pourtant j’ai soulé tous les shops de Metz pour qu’il m’en commande une MDR ! Il y a 3 semaines j’ai trouvé mon bonheur dans le factory du coin (impensable), le bonheur à mes pieds, même si ce n’est pas le même coloris, j’ai enfin cette Cortez dans ma collection !

Qu’est-ce qu’une sneaker pour toi? Un objet utilitaire, du design populaire ou un accessoire de mode qui te confère un style?
Pour moi, la sneaker c’est mon style, ça fait parti de mon quotidien, de ma vie donc ça regroupe un peu tout ça. Si je n’ai pas de sneaker au pied, c’est que je suis malade. Je n’en porte plus tous les jours, car mon boulot ne me le permet pas. Il y a encore certaines personnes qui ne sont pas super ouvert au niveau style vestimentaire. Dommage Pour le reste, c’est un gros phénomène de mode car les mecs qui avant n’en auraient pas porté sont à la recherche des modèles que portent Kanye West ou autres rappeurs influents du moment. C’est la même chose pour les filles. Mais en général, quand t’annonce un prix à ces personnes souvent ils hallucinent.

Que pense-tu de la mode des sneakers à semelles compensées?
Je n’en suis pas une adepte. J’ai une paire ( la révo sky high London ), la seule que j’ai trouvé confortable en fait. J’ai eu la Dunk sky high BHM, impossible de la rocker sans avoir mal aux pieds. Sinon, les marques telles qu’Isabelle Marrant, Sérafini, je n’en achète pas en n’en porterais car ça ne me correspond pas du tout même s’ils font de beaux modèles. Trop féminin pour moi on va dire Mdr ! Comme pour le reste, c’est un effet de mode qui s’estompera bientôt, du moins je l’espère.. L’engouement de la kicks oblige un peu les magazines à en parler, à faire des modèles féminins, pour tous les jours. Il crée avec ces modèles un sentiment de besoin totalement ouf d’ailleurs.

Trouves-tu l’offre suffisante en matière de sneakers pour femmes, les marques font elles assez d’effort pour séduire la gente féminine?
L’offre pour une fille comme moi, n’est pas suffisante. Ou dois-je remettre ma croissance en cause? Plus sérieusement, pour mon style, je trouve que l’offre ne me correspond pas. Je bave devant certains modèles pour homme, et c’est totalement injuste ce sentiment de frustration quand je vois certaines sorties que je ne peux avoir tout ça parce que ça commence au 7US. Après pour les nanas qui consomment à proprement parlé la sneaker, oui l’offre est largement suffisante. Niveau coloris, modèles y’a largement le choix. On ne parlera pas des coloris, certains sont vraiment catastrophiques quand j’y pense ! Mais toutes les filles se retrouvent à porter la même chose. On peut le constater avec les sky high chez Nike, les Isabel Marrant, Sérafini, Ash sûrement d’autres marques encore mais je ne m’y intéresse ni de près ou de loin.

Le mot de la fin ???
« Nike a pété tout mon SMIC » comme dirait 3010. Nan franchement, j’ai rencontré des gens vraiment au top, que ça soit Lille, Paris, Bordeaux, et le reste on a pas tous la même façon de vivre, mais tous la même passion. Ça crée forcément des liens. Ensuite, porter les paires, et kiffer ce moment quand on matte vos pieds Il faut porter ce qu’on aime, et pas ce qui est à la mode.

Crédit photos: Babylon

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Band of Brothers Part 69

Dans la rubrique Band of Brothers nous donnons la parole à des amateurs de sneakers, pour cette soixante neuvième interview express, Salvatore a des choses à vous dire…

Bonjour Salvatore, présente toi en quelques mots ?
Je m’appelle Salvatore mais je suis surtout appelé par deux « surnoms » car « nicknames » n’était pas encore dans l’air du temps dans les années 80: Salva pour tout ce qui concerne le milieu professionnel et Toto pour mes amis intimes car c’est ainsi que m’appelle mes parents et toutes les personnes qui ont grandies avec moi. Toto étant le diminutif « officiel » de Salvatore en Italie. J’utilise par ailleurs le nom d’utilisateur Salva_aka_Toto pour mes comptes Twitter et Instagram car je les trouve indissociable de ma personne et de ma personnalité. J’ai 38 ans, je vis avec ma compagne et nous avons 2 enfants, un garçon prénommé Ulisse et une fille prénommée Themis. Je vis depuis toujours dans le village où j’ai grandi en périphérie Bruxelloise: Tubize. Cela fait maintenant près de quinze que ma passion est la source de mes revenus. J’ai travaillé dans plusieurs enseignes très connues en Belgique et j’ai toujours eu la chance d’avoir de très belles fonctions.

Par quel biais es-tu venu à la sneaker (le sport, la curiosité du moment…) ?
Très naturellement et très simplement: par le sport. Enfant et ado, je pratiquais de nombreux sports: Foot, Basket, Tennis, Natation, Athlétisme, Cyclisme … Le déclencheur de mon addiction a été les Jeux Olympiques de 1984 à Los Angeles. Je me souviens avoir vu un type qui courait aussi vite que le vent dans une combinaison rouge flamboyante et une paire de spikes blanches avec une virgule bleu d’un côté et rouge de l’autre. Il s’agissait de Carl Lewis et il était en train d’écrire l’histoire en remportant 4 médailles d’or. Internet n’existant pas, j’ai du aller devant une devanture de magasin de sport pour apprendre que cette virgule était le logo de Nike.

Tu as une paire de AF1 mister Cartoon à la main, pourquoi ce choix ? qu’ apprécies-tu dans ce modèle ?
Le choix a été très simple. Cette paire représente grand nombre de mes centres d’intérêts: la Air Force 1: modèle mythique Basket-Ball. Mr. Cartoon: Artiste- Graffeur. Cela représente 2 influences majeures de la Street Culture. De plus, ce qui apporte un plus, c’est que cette paire est sortie dans la gamme Livestrong. Donc, elle a une connexion supplémentaire avec un sportif. Une autre paire que j’apprécie beaucoup est une Zoom Fc X Futura2000 X Lance Armstrong, sortie pour célébrer la victoire du 7ième Tour de France. Paire qui associe: Foot – Graffiti – Sportif. Je donne énormément d’importance à ce type de paire qui associe plusieurs mouvements de la culture urbaine.

Te souviens-tu de ta première paire?
Et comment. Je devais avoir 6 ou 7 ans et ma mère m’a apporté au magasin de sport pour acheter une paire pour aller à l’école. A cette époque, t’allais au magasin de sport pour t’acheter une paire pour pratiquer du sport. Ici ce n’était pas le cas. Elle m’a fait essayé une chaussure toute blanche, toute simple, avec une petite touche de vert au talon. Je lui ai demandé si c’était des bonnes chaussures, elle m’a répondu: Ce sont des Stan Smith. Je ne savais pas qui c’était. C’est après avoir payé et que le vendeur m’a tendu le sac que je me suis rendu compte que c’était une paire d’Adidas car c’était écrit en grand sur une boîte bleu ciel. Quant à Stan Smith, c’est en regardant Roland-Garros sur Antenne 2 quelques temps après que j’ai appris que c’était un joueur de tennis légendaire. Et je me souviens aussi très très bien de ma première vrai paire signature player pour la pratique d’un sport: des Patrick Michel Platini. La classe.

Qu’est-ce que la culture sneaker selon toi ?
Chacun est libre d’avoir sa propre culture. Je ne juge personne et je ne critique personne. Je déteste dire: celui là est plus fort que l’autre ou celui là en connais plus. Je n’aime pas du tout ce « Game » que l’on voit malheureusement trop souvent. La Sneaker Culture pour moi est l’histoire et l’évolution de la chaussure de sport. Depuis tout petit, je scrutais la tv, les magazines, les journaux pour savoir quels athlètes portaient quelles chaussures. Le pourquoi. Qu’est-ce qui avait évolué. Pourquoi un athlète avait changé de sponsor. Evidemment, ce n’est que bien plus tard que j’ai compris que c’était une histoire de gros sous. Moi, je pensais naïvement que les athlètes choisissaient les meilleures chaussures pour construire leurs exploits. Pour moi, les Sneakers font partie de la Street Culture.

Le Hip hop et basket-ball ont toujours été des univers très fusionnels en ce qui conserne la sneakers ? Comment expliques-tu la génese de ce phénomène ( cette transversalité) ?
Run-Dmc, Spike Lee, Public Enemy, Michael Jordan, Magic Johnson, Mtv, … Tout est arrivé en même temps au milieu des années 80. J’ai toujours été quelqu’un de curieux vers les autres cultures et je le suis toujours. Mais je me rappelle que quand j’ai commencé a m’intéresser à cette culture, tous mes potes se demandaient pourquoi. Il était très difficile pour moi d’avoir des disques de Rap à l’époque. J’ai du attendre le début des années 90. Je ne pouvais écouter du Rap que via Mtv via l’émission Yo Mtv Raps. Et je devais programmer mon enregistreur vidéo car cela ne passait pas à des heures décentes. Ensuite, je passais l’enregistrement en boucle. Et je sentais que quelque chose se passait. Tout le monde critiquait, disait que c’était une musique de sauvage, fermée alors que moi je trouvais que c’était un mélange de plein de styles: Rock, Blues, Funk, Electro, Pop ,… Le côté fusionnel est d’après moi du au fait que ce sont le Rap et le Basket qui ont ouvert la culture Us à notre génération. C’était la vitrine de l’époque. Dans les années 70, c’était Elvis et le rock. Pour nous, c’était ces 2 trucs.

Pourquoi un tel engouement autour de la Sneaker aujourd’hui ? Comment vois-tu le marché actuel de la sneaker ?
A la base, je pense que cet engouement provient de la même façon pour laquelle nous nous sommes intéressé à la Sneaker. Les jeunes d’aujourd’hui veulent la même paire que Kanye West, Miley Cyrus, … Les icônes de leur génération. La différence, selon moi, avec notre génération, c’est que nous c’était des sportifs et ici ce sont des popstars. Si les marques s’associent avec des popstars, ce n’est pas anodin. Quand la Jordan IV White Cement Retro est sortie, j’avais pris l’initiative d’offrir une brosse à dents aux 23 premiers clients. La plupart n’ont pas compris pourquoi. Notre culture n’est pas la leur. Et nous devons l’accepter. Aujourd’hui, l’athlète vend des paires performances. Les popstars, des paires qui vont influencer énormément le marché et les ventes. Est-ce que cela va durer? Oui. Est-ce que tout le monde sera capable de vendre des Sneakers? Non. Pourquoi? Secret professionnel.

Es-tu plus sélectif qu’avant ou achètes-tu sur des coups de tête ou des coups de coeur ? Te considères-tu comme un sneaker addict ? Ce terme est à la mode, qu’en penses tu ?
J’ai toujours acheté en fonction d’un coup de coeur. Si je vois une paire et qu’elle me fait vibrer: Je l’achète. Mon envie d’acheter est primaire. Si dans ma tête résonne un: Put***, elle est terrible. Alors c’est sûr que je vais craquer. Je peux très bien passer des mois sans acheter une paire et puis me retrouver à en acheter plusieurs dans la même semaine. Je ne me considère pas comme un sneaker addict. Je ne collectionne pas. J’achète ce que j’aime. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai toutes sortes de paires dans mon armoire. Le seul fil rouge de ces paires est le sport. En ce qui concerne l’utilisation du terme, c’est une dérive de notre société. Il faut absolument étiquetter, catégoriser un certain type de personne. Qui peut juger qui est un Sneaker Addict ou pas? La qualité de la collection? La quantité? Le débat est éternel. Si je dois vraiment donner mon avis, pour moi est Sneaker Addict une personne qui connaît l’histoire de la Sneaker depuis ses origines. Peu importe si il a zéro, une, dix, cent ou mille paires.

Le mot de la fin…
Be True. Soyez vrai. Ecrivez votre histoire. Faites le bien autour de vous. Il n’y a pas que les Sneakers dans la vie. Mais faites gaffe à ne pas marcher sur les miennes.

Crédit photos: Babylon
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Band of Brothers Part 67

Dans la rubrique Band of Brothers nous donnons la parole à des amateurs de sneakers, pour cette soixante septième interview express, Anna a des choses à vous dire…

Bonjour Anna, présente-toi en quelques mots.
Je m’appelle Anna, On m’appelle Anna Events dans le monde de la communication évènementielle. Et j’ai bientôt 29 ans. J’ai lancé ma structure Comm’ Addict en 2009. L’objectif principal de cette structure est de proposer une solution de communication sur mesure, la notion de « sur mesure » est très importante car elle permet de s’adapter à la cible qu’on vise avec un argument financier intéressant. Après plusieurs projets, je suis arrivée naturellement dans l’association @le_vernissage. L’idée de notre association est de promouvoir des jeunes créateurs, entrepreneurs, avec un univers intéressant mais pas forcément connu du grand Public. En effet la communication à un cout et elle n’est pas accessible à tous, car peu de gens la maitrise.

Quel a été le facteur déclenchant de la passion pour la kicks?
On va dire que je suis une novice, car pour moi la basket a toujours été pratique, plus qu’une passion. Mais en 2013, je regardais pour la énième fois un film culte des années 80, « White Men can’t jump » Avec Wesley Snipes et Andy Harrelson – Au début je n’étais pas du tout calée en baskets, je connaissais les noms des grandes marques, certains modèles phares… Mais ma culture était assez limitée à ce sujet – Et j’ai littéralement eu un coup de foudre pour la Nike Air Command Force retro que portait Andy Harrelson dans le film. Et j’ai commencé à rechercher des informations sur ce modèle, Le nom, puis sur l’histoire liée à ce modèle… J’étais effarée de voir qu’un produit de grande consommation comme la basket – au-delà de ce modèle – n’avait que très peu de visibilité culturelle en France. Ce que j’appelle Visibilité Culturelle c’est : « D’où vient cette paire, quelle est son histoire, qui l’a rendu populaire, pourquoi l’appelle-t-on comme ça, etc ». A part les passionnés, les marques et les puristes qui détiennent tout le savoir. On n’a accès à aucune de ces informations ni de sources fiables. Et c’est là qu’est né Son Of Sneakers.

Tu sembles brandir comme un trophée une paire de Converse Chuck Taylor White ? As-tu une histoire particulière avec cette paire?
Loool cette paire, je l’ai depuis mes 20 ans. C’est un peu compliqué, mais disons que j’ai eu pas mal de changements, de mouvements et de coups durs ces deux dernières années de ma vie… C’est l’une des seules choses qui m’ait suivi… Un peu comme un vestige de mon passé qui me rappelle à l’ordre et que je ne dois jamais oublier lors de mes voyages.

Te souviens-tu de ta première paire?
Ouiiiiii, « Je me souviens quand j’étais petite, j’aimais trop mes L.A Gear Lights!! J’étais persuadée que parce que mes baskets faisaient de la lumière, je courais plus vite!!! Au grand dam de ma mère qui me regardait courir avec les bras en arrière, pendant que je criais « Je suis plus rapide que l’éclair!!!!! »

Qu’est-ce qu’une sneaker pour toi? Un objet utilitaire, du design populaire ou un accessoire de mode qui te confère un style?
Alors là c’est la question supra délicate, car soit je me mets toute la communauté Sneakers à dos… Soit je m’affiche… Loool…. Disons que ça reste pour moi un objet utilitaire qui peut devenir accessoire de mode….. Du moment qu’on ne met pas de bijoux et de chaines dessus, sans citer de marque…. Rien n’est grave !!

Que penses- tu de la mode des sneakers à semelles compensées?
Franchement. Isabelle Marant a fait fort… Et encore ce n’est pas non plus d’une beauté absolue….. Mais pour moi, c’est la seule. Le reste malheureusement, je trouve ça dénué de sens. Quand je vois la dernière Stan Smith compensée….. Je me dis qu’il faut arrêter de prendre les consommateurs pour des moutons et consommateurs arrêtons de nous faire mener par le bout du nez !!!

Trouves-tu l’offre suffisante en matière de sneaker pour les femmes, les marques font elles assez d’effort pour séduire la gente féminine?
C’est vrai que je n’y prêtais pas de forte attention, il y a quelques temps… Mais c’est vrai que le milieu des sneakers reste quand même très masculin. Et quand on propose des choses aux femmes, on y ajoute de la semelle, du rose, etc…. Si ce n’est pas un cliché…..Cependant avec l’arrivée de la Running on assiste à un nouveau souffle et je pense que cela va redynamiser fortement le marché.

Parle-nous de ton projet Son of sneakers, dans lequel tu sembles très impliquée ? 
Nous sommes une association avec maintenant 4 ans d’existence. Nous avons eu plusieurs évènements proposant des cadres de référence à des jeunes créateurs, artistes qui cherchaient à se faire connaitre sans avoir les moyens ou encore le savoir-faire de la communication. Son of sneakers s’inscrit dans la lignée des précédents évènements de notre association et mêlera les différentes disciplines des acteurs qui font les sneakers aujourd’hui. Cet évènement reviendra de façon annuelle, et nous œuvrons à en faire l’illustration contemporaine de la culture Sneakers. Nous avons rassemblé des artistes, graffeurs, photographes, des créateurs talentueux, des marques emblématiques, des grossistes et Distributeurs de Baskets ; Qui exposeront afin de faire découvrir leurs marques, concepts, commercialiser leur produits et créations. Le but principal est de mettre en place une proximité immédiate avec le Grand public, et de ESSENTIELLEMENT de véhiculer la philosophie de de la culture Sneakers.

Le mot de la fin ?
Ma foi, je tiens déjà à remercier tous ceux qui nous accompagnent, sans les citer car ils sont trop nombreux !!! Et je dirais qu’on vous attend nombreux les 20 et 21 Septembre 2014 au ArtStudioK, pour la 1ère édition du Son Of Sneakers festival. Le seul évènement référent de la culture Sneakers !! In Kicks We Trust !

Page Facebook de Son of sneakers: https://www.facebook.com/events/332063220292677/?fref=ts

Crédit photos: Babylon

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Band of Brothers Part 62

Dans la rubrique Band of Brothers nous donnons la parole à des amateurs de sneakers, pour cette soixante deuxième interview express, Mathilde a des choses à vous dire…

Bonjour Mathilde, présente toi en quelques mots.
Bonjour, comme tu l’as dit je m’appelle Mathilde. J’ai 22 ans. Je suis étudiante en marketing de mode à Paris. Si mes amis devaient y répondre je pense qu’ils diraient que je suis accro au shopping, aux bonbons et parfois un peu dingue mais je préfère dire que je suis une fille qui aime la mode, chausse du 38 et aime rigoler.

Quel a été le facteur déclenchant de la passion pour la kicks?
Il n’y a pas vraiment eu de facteur déclencheur. J’ai toujours aimé les baskets. Quand j’étais plus jeune, à ma période collège, j’avais une à deux paires de baskets par an. C’était toujours un plaisir pour moi d’aller acheter ma nouvelle paire, de chercher celle qui me fera craquer, celle qui fera la différence. Pour moi, et ça l’est jusqu’à présent, le choix de ta paire de basket est une partie de toi que tu dévoiles aux autres.

Tu sembles brandir comme un trophé une paire de Dunk high ? As-tu une histoire particulière avec cette paire?
ça faisait une éternité que je voulais une paire de Dunk. A chaque fois que j’allais chez les femmes trop de rose, et très banales et chez les hommes pas ma pointure ou trop virile pour mon petit 1,62m de l’époque. Puis un jour je tombe sur cette paire et c’est le coup de foudre. Elles sont simples mais tout est dans les détails. La matière et son quadrillé, sa semelle transparente et ses petites étoiles quasi invisibles. Elles étaient parfaites. Aujourd’hui ça fait près de 5 ans que je les ai et notre histoire n’est pas prête de se finir ahahah !

Te souviens-tu de ta première paire?
Je ne me souviens pas de ma première paire mais je me souviens d’un modèle qui je pense nous a tous marqué : les Air Max 90 ! J’en étais raide ! J’ai eu trois modèles différents et je me souviens les customiser en fonction du style que j’avais à cette période. Mes préférées étaient les toutes noires avec le Swoosh vert. Je les aime encore plus maintenant pour leur histoire.

Qu’est-ce qu’une sneaker pour toi? Un objet utilitaire, du design populaire ou un accessoire de mode qui te confère un style?
Je dirais à la fois un objet utilitaire et un accessoire de mode. Objet utilitaire car on est jamais plus à l’aise que dans une paire de sneaker. Maintenant, plus qu’avant, c’est aussi un accessoire de mode. Les tendances streetstyle, casual, sport chic et sport wear ont développés un engouement général autour des kicks. Aujourd’hui on se retrouve non seulement avec de nouveaux matériaux, un développement de créativité dans les motifs mais aussi des matériaux qu’on avait jamais utilisés auparavant pour les sneakers. On se retrouve avec des paires encore plus uniques. Le choix s’est élargie et l’on peut d’avantage avoir nos touches personnelles sur nos kicks. Quoi de mieux que de compléter sa tenue avec une part de nous même ?

Que pense-tu de la mode des sneakers à semelles compensées?
Mdr… J’ai vu cette mode arrivée avec les Isabel Marant. Elle me laissait déjà un peu perplexe. Mais quand j’ai vu Nike, Adidas ou encore Reebook, toutes ces grandes maisons du sport développer leur basket compensée je me suis dit « Pourquoi ? ». D’un point de vue personnel je les trouve sans intérêt. Les sneakers compensées pour moi ne mettent en valeur ni la beauté que peut avoir une paire de sneakers ni la beauté et la féminité que peut dégager une femme en talons.

Trouves-tu l’offre suffisante en matière de sneakers pour femmes, les marques font elles assez d’effort pour séduire la gente féminime ?
Je trouve que les marques essayent d’en faire trop. Du coup elles nous sortent des sneakers compensées ou avec des couleurs très girly. C’est dommage car je ne crois pas que ce soit ce que l’on recherche. On peut avoir des sneakers très féminine dans les coupes et non dans les couleurs. On en trouve pas beaucoup. Alors en attendant, je choisis les miennes au rayon homme.

Le mot de la fin ???
Un « je t’aime » n’est jamais de trop pour les personnes qui le méritent…

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S.A

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Band of Brothers

Band of Brothers Part 56

Dans la rubrique Band of Brothers nous donnons la parole à des amateurs de sneakers, pour cette cinquante sixième interview express,  Julie a des choses à vous dire…

Bonjour Julie, présente toi en quelques mots.
Bonjour, je m’appelle Julie, je suis sur mes 23 ans. Je suis en master de Marketing et Communication du Luxe, j’habite à Paris mais suis originaire de l’Ile de la Réunion, un vrai petit paradis où j’ai commencé à développer ma passion pour la sneaker. Je fais du 36,5 , et beaucoup me connaisse comme amatrice de baskets et cocaholic !

Quel a été le facteur déclenchant de la passion pour la kicks?
Pour moi ça a été le sport, j’ai commencé à faire du tennis à l’âge de 8 ans, et je me souviens que ma mère m’avait offert une paire de Stan Smith pour l’occasion, c’est la que j’ai commencé à m’intéresser à la basket. Mais c’est au collège que j’ai commencé à vraiment développer cette passion, surtout pour les running. A chaque rentrée tous les garçons sortaient leurs paires de Air Max 90, de bw, de TN ou encore de Stan Smith, et la j’ai vu une paire de AM1 qui tout de suite m’a plu. A l’époque je l’avais cherché longtemps mais vu mes petits pieds, j’ai eu beaucoup de mal à trouver mon bonheur, car sur l’île mis à part les bw, Stan Smith et Superstar, j’avais du mal à trouver des baskets à mon goût et à ma taille. Et c’est lors d’un voyage en Allemagne en 2006 que j’ai vraiment pu trouver mon bonheur pour la première fois : Air Max 1, Cortez, et pour la première fois je voyais une paire de Jordan, une jordan IV Black Cat, que j’ai rocké sans pitié et qui n’a pas fait long feu !

Tu sembles brandir comme un trophée une paire de Cortez ? As-tu une histoire particulière avec cette paire?
Oui, c’est vraiment avec ce modèle la que j’ai commencé à collectionner les baskets. J’étais en 6ème et à l’époque j’étais un garçon manqué. Ma mère en avait marre que je veuille tout le temps des baskets qui faisaient trop garçon alors un jour lors d’un voyage elle a trouvé ce modèle, elle trouvait que ça faisait fille et quand elle me l’a offert pour mon anniversaire ce fut un vrai coup de foudre. Cette paire bien évidemment vu ma tendance à jouer au foot avec, n’a pas fait long feu mais en début d’année, je l’ai retrouvé grâce à Nibua Sneaks sur facebook ( grâce à qui nous les petits pieds on peut trouver pas mal de running OG ) . C’était le même CW, et depuis je ne la lâche plus ! Pour moi la Cortez c’est une paire passe partout, c’est une paire simple sans chichi, avec des cw sympa, qu’on peut porter à n’importe quelle occasion, c’est ce que j’aime dans ce modèle : sa simplicité.

Te souviens-tu de ta première paire?
Comme pour toutes les filles je pense que ça a été une paire de baskets barbie ( haha ), blague à part je me souviens pas si c’était ma première paire mais je me souviens d’une paire de fila toute blanche, avec laquelle je jouais au foot avec mes cousins. La première paire que je me suis offerte avec mon argent de poche ce fut une bw blanche avec le swoosh grenat. Cette paire je l’ai tellement aimé que je l’ai toujours aujourd’hui .

Qu’est-ce qu’une sneaker pour toi? Un objet utilitaire, du design populaire ou un accessoire de mode qui te confère un style?

Pour moi la basket c’est un objet de design et de technologie , chaque modèle a été crée dans un but précis, pour un sport particulier et à chaque nouvelle sortie il a toujours une petite révolution. Je me souviens d’un film qui m’a marqué, c’était un film allemand sur la coupe du monde de football de 1954, les allemands sponsorisés par Adidas avaient gagné la finale un jour de pluie, grâce à une technologie novatrice à cette époque, les crampons vissés d’Adi Dassler qui leurs ont permis d’avoir des appuis plus stable sur le terrain. Et puis c’est aussi un objet utilitaire, quoi de plus confortable que de porter des baskets surtout dans une ville comme Paris où les gens ne marchent pas mais courent dans tous les sens. J’ai depuis quelques temps un vrai coup de coeur pour les Flyknit et en particulier la Racer qui est d’un confort, et d’une légèreté incroyable !

Que penses-tu de la mode des sneakers à semelles compensées?
Ce n’est pas forcément ce que je préfère mais pour moi ce genre de modèles marque vraiment l’intérêt des marques pour les femmes. Cela nous permet d’avoir des modèles plus féminin ( et de nous faire gagner quelques centimètres ) et c’est aussi une alternative à la basket classique.

Trouves-tu l’offre suffisante en matière de sneakers pour femmes, les marques font elles assez d’effort pour séduire la gente féminine?
Je trouve que les marques font de plus en plus d’efforts pour séduire la gente féminine, depuis quelques années, on a droit à plus de modèles ( comme la Thea, ou les baskets compensées ) ou à des cw exclusivement pour femme. Après je pense que c’est quelque fois trop  » girly  » pour nous les femmes sneakers addict, mais ça plait à un public plus large. Ce qu’il nous manque surtout ce sont des cw qui sortent pour homme mais à notre taille. Les marques ont fait beaucoup d’effort la dessus mais pas suffisamment en Europe à mon goût. Aux USA quasiment chaque release sort en taille homme mais aussi en GS, en Europe c’est au petit bonheur la chance, ce qui devient quelque fois difficile pour nous quand on veut vraiment un modèle ! Et puis je trouve que de plus en plus des marques comme Adidas ou Puma proposent des coloris féminin plutôt efficace et facile à porter et qui en plus plaisent aussi aux hommes . J’espère que ça va continuer ainsi !

Le mot de la fin ?
Avec l’émergence des réseaux sociaux, la sneaker a depuis quelques années plus de visibilité qu’avant, du coup c’est devenu un effet de mode. On voit de plus en plus la basket devenir un objet  » hype « , et on entend souvent  » ah mais les jeunes d’aujourd’hui pourrissent le game  » et pour moi même si pour certains de ces jeunes ce n’est qu’un effet de mode, pour d’autres c’est vraiment une passion naissante, je trouve ce clivage  » jeune/ancien  » un peu frustrant, on a tous commencé à aimer la basket plus ou moins jeune, on est tous passé par la, peu importe la façon dont ça a commencé. Alors vivez votre passion pour vous, partagez la avec les gens qui vous entourent mais le tout dans le respect, il n’y a que ça de vrai quand on partage une passion en communauté !

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S.A

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Band of Brothers

Band of Brothers Part 55

Dans la rubrique Band of Brothers nous donnons la parole à des amateurs de sneakers, pour cette cinquante cinquième interview express, José a des choses à vous dire…

Bonjour José, présente-toi en quelques mots.
Bonjour, j’ai 36 ans, j’habite dans l’Essonne, un Jordan Addict parmi tant d’autres. Mon pseudo sur le net : 23raisons…

Par quel biais es-tu venu à la sneaker (le sport, la curiosité du moment…)
Je ne pense pas être venu à la sneaker mais plutôt qu’elle se soit imposé à moi naturellement dans mon adolescence même si à l’époque (et il y a peu encore), si on me disait « sneakers », je pensais d’abord à une barre chocolatée. Le sport a toujours été un facteur dans mes choix, que ce soit par la pratique ou encore par l’identification à un sportif. Mais la mode tient tout de même une part importante, arborer les dernières Nike ou Reebok dans la cours d’école le faisait quand même plus que des Atemi. J’ai la chance d’avoir une mère qui se saignait pour me faire plaisir de temps en temps, donc je ne me souviens pas avoir eu des sneakers que je ne désirais pas, même si j’évitais de jeter mon dévolu sur une paire trop hors de prix. (Ca y est, je vais être catalogué comme fils à maman !)

Tu sembles brandir comme un trophée une paire de Air Jordan 1 AJKO. As-tu une histoire particulière avec cette paire ? Pourquoi ce choix? Qu’apprécies-tu dans ce modèle ?
Je n’ai pas d’histoire personnelle ou particulière avec cette paire ou ce modèle. Pour être honnête, avant le release de 2009 de ces AJKO, je n’étais pas fan des Air Jordan 1 en général, dans le sens où je ne me voyais pas avec aux pieds. Mais j’ai un vrai coup de cœur désormais pour tout les modèles AJKO ou autres Air Jordan 1 Phat Premier. Je suis principalement attiré par la matière et la qualité de ces modèles en comparaison avec le cuir des autres release de Air Jordan 1. Au delà de ce coup de cœur « Mode » tardif, je l’ai plus choisi pour ce que la Air Jordan 1,tout modèles confondus, représente à mes yeux. Le choix était trop dur à faire entre des III, des V ou des VI, des modèles que j’affectionne plus que cette AJKO. J’ai préféré choisir une paire et un coloris pour représenter au mieux ma passion pour Michael Jordan.

Te souviens-tu de ta première paire?
Je ne me souviens pas de ma première paire mais j’ai de très bons souvenirs, avec un peu de nostalgie de mes Nike Jim Courier ou encore Reebok Pump Court victory. Je pratiquais le Tennis avant de découvrir Dieux, euh… Jordan, et donc mes premières paires étaient logiquement liées à ce sport. Je me rappelle aussi de mon premier coup de cœur Running, les Nike Air Max 93, je me rappelle surtout les avoir eu grâce une erreur d’étiquetage chez Decathlon qui avait mis quelques paires au prix des Nike Air Pegasus à 350 francs au lieu de 800 francs. Par contre, je me souviens très bien de ma première Jordan, c’était les VII Bordeaux, et ça a coïncidé avec le début de mon addiction.

Es-tu un collectionneur ou un passionné.
En terme de Sneakers, je ne me sens pas collectionneur, je suis avant tout un passionné, la Sneaker n’est qu’une des facettes de ma passion pour Michael Jordan. Après, je suis malgré tout un collectionneur dans l’âme dans ce qui touche à Sa Majesté, Jersey, matchs en DVD, pièces autographiées…

Tu portes de nombreux tatouages, dont un sur le bras droit entièrement consacré à Michael Jordan, saurais-tu nous le détailler ?
C’est un chantier pour lequel j’ai pris et je compte prendre encore mon temps, je viens de le commencer, il est donc en cours et sera surement finalisé qu’en 2015. Cela fait des années que j’avais ce projet en tête, je ne regrette pas d’avoir attendu si longtemps car un tel projet a besoin d’être mûri et réfléchi. Je ne voulais pas seulement me faire tatouer un portrait, une action ou un jumpman comme il en existe déjà beaucoup. Je voulais quelque chose d’artistique basé sur tout ce que Michael Jordan représente pour moi, aussi bien en terme d’image qu’en terme de mentalité. Un hommage à ce qu’il m’inspire quoi. Le style artistique de l’ensemble du tatouage est un style allemand, le Realistic Trash Polka, mélangeant Noir et gris avec des touches de Rouge et photos réalistes avec du texte et des éléments artistiques. Partant de ce désir, j’ai débuté ce tatouage par la photo représentant sa rage de vaincre, celle des finales 98, sur fond d’un 23 stylisé en coup de pinceau rouge, et sur l’intérieur du biceps, une photo des Air Jordan 1 AJKO pendants comme accrochées à un grillage en fond. Le reste est en chantier, dans un style réaliste, on pourra y trouver une photo du dunk de 87 connue pour être la jacquette de « Come fly with me », et un gros plan réaliste d’un œil de taureau s’inspirant du logo des Bulls. Côté artistique, l’Elephant Print et le jumpman seront présents. Et tous ces éléments s’imbriqueront avec 3 citations que sont : Some people want it to happen Some wish it would happen Others make it happen, I can accept failure but i can’t accept not trying, et Never Quit ! La suite au prochain episode…

Pourquoi un tel engouement autour de la Sneaker aujourd’hui ?
Selon moi, cet engouement, et en particulier celui pour les modèles Retro, est arrivé comme un effet de mode. Pour les plus jeunes, cela reste un effet de mode car beaucoup ignore l’origine ou l’histoire d’une paire. Pire, certains pensent que Jordan est juste une marque « Swag » et ne s’intéressent même pas au sportif… mais pour les plus âgés (pour ne pas dire « anciens »), cela perdure par le fait que cette mode nous renvoie à un souvenir ou une nostalgie du passé. Beaucoup ont toujours connu cet engouement et cette passion, et cet effet de mode a du coup, aussi bien apporté ses avantages par la reédition de modèles chers à nos cœur, mais aussi des inconvénients, par la détérioration des valeurs et des conditions autour de cette passion et son business. Il m’arrive de sentir que cet engouement s’essouffle, en partie, une conséquence de la surconsommation forcée, et du rapport qualité/prix en baisse, mais lorsque je constate quelle guerre c’est à chaque sortie de modèle incontournable, je me dis, que cet engouement a encore de beaux jours.

Tu possèdes une collection impressionnante de rares jerseys signés par Michael Jordan, explique nous comment tu as pu te les procurer ?
J’ai officiellement commencé cette collection en 1993 avec un jersey Authentic Bulls Rouge, pièce à l’époque introuvable en France. Mais c’est en 2005, que j’ai franchi une étape en collectionnant exclusivement des Jersey Procut ou Game Issued, c’est-à-dire des jersey produits pour Michael Jordan, à ses mensurations personnelles, les jersey portés en matchs quoi, et qu’on ne pouvait même à l’époque trouver dans un shop (exception faite après l’arrivée de NIKE en 98 en tant fournisseur officiel NBA). Le monde des jersey est beaucoup plus petit que celui des sneakers, et en 8 ans, on finit par tourner en rond, dealer avec les même personnes, éviter certaines aussi, que ce soit à travers d’enchères ebay ou bien des forum dédiés. J’ai fini par connaitre pas mal de collectionneurs à travers le monde, ce qui m’a permit de mettre la main sur des pièces dont je n’imaginais même pas un jour pouvoir le faire. Avoir dans ses mains des jersey de North Carolina (Sand Knit) de 1983, un BUCS (Wilson) de 1979 ou encore un Bulls (Rawlings) de son année rookie, c’est quand même un sentiment inexplicable, le même qu’un sneaker addict ressent quand il met la main sur une paire rare qui a traversé le temps. Par ma collection, je me suis d’ailleurs souvent senti comme gardien d’un temple. Ca fait toujours plaisir lorsqu’un collectionneur américain, koréen ou australien t’écris pour te dire merci car il se sert de mon site web comme référence lors de ses recherches pour un Legit Check. Mais cette collection a forcément une fin, car acquérir certains jersey est un suicide financier. J’ai frôlé ce cap quand j’ai mis la main sur le Jersey Game Issued du All Star Game 1996 produit à 8 exemplaires. Cette pièce a été mon graal durant de nombreuses années et le jour où je l’ai enfin eu, j’ai compris que je n’irai pas plus loin dans cette addiction. Ma dernière pièce a été le Jersey Game Issued des finales 98, mon « last shoot » quoi. Récemment j’ai entrepris de réduire ma collection, sollicité et harcelé par certains amis collectionneurs, j’ai cédé quelques pièces, préférant être sélectif sur les jerseys pour lesquels j’ai plus un attachement sentimental que financier.

Qu’est-ce que la culture sneaker selon toi ?
La culture Sneaker est avant tout un style de vie basé sur une passion. La sneaker est au centre de celle-ci mais gravite et s’entremêle avec d’autres domaines comme la mode, le sport ou la musique. Je pense que beaucoup ont comme moi un attachement nostalgique à leurs paires, et c’est pour cela que la culture sneaker a encore un bel avenir car tout le monde s’y retrouve avec une approche et une vision différentes.

Es-tu plus sélectif qu’avant ou achètes-tu sur des coups de tête ou des coups de coeur ? Te considères-tu comme un sneaker addict ? Ce terme est à la mode, qu’en penses-tu ?
Mes collègues de travail me prennent sûrement pour un sneaker addict, ou un fou, au choix, mais je ne pense pas l’être. C’est donc un terme que je n’utilise pas car cela renvoi à l’idée d’achat compulsif ou de folie passionnelle. Comme je l’ai déjà dit dans ma présentation, j’assume être un Jordan addict, et les J’s apparaissent logiquement comme la partie visible de l’iceberg car j’en porte presque tous les jours. Mais porter des Jordan est devenu tellement banal dans la rue.
J’ai toujours été sélectif dans mes choix, je n’achète que des modèles aux coloris «classic», c’est-à-dire que je préfère une III True Blue à une III Joker. Il m’arrive tout de même de craquer sur une paire par coup de cœur ou bien par nostalgie, comme pour des Air Max Charles Barkley ou des Air Tech Challenge II d’Agassi.

Le mot de la fin ?
La frontière est très mince entre vivre avec une passion et vivre pour et par sa passion. Savoir faire la part des choses est primordial pour ne pas s’essouffler, surtout avec une passion où le business tient une place importante.

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S.A

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Band of Brothers

Band of Brothers Part 54

Dans la rubrique Band of Brothers nous donnons la parole à des amateurs de sneakers, pour cette cinquante quatrième interview express, Samuel a des choses à vous dire…

Bonjour Samuel, présente-toi en quelques mots
Salut je me présente Samuel Nadeau bientôt 32ans,1metre99 pour 95kilos et je chausse du 48,5. Je suis un ancien Basketteur Pro si on peut dire ça comme ça et aujourd’hui, je suis éducateur sportif à Sarcelles dans le 95.

Par quel biais es-tu venu à la sneaker (le sport, la curiosité du moment…) ?
Je pense que le virus de la sneaker est présent dans mes veines depuis ma naissance… Et ça a pris plus d’importance quand, j’ai été en contact avec le monde du sport…. Pouvoir porter les kicks de ses athlètes ou artistes préférés était forcement comme une sorte d’identification pour moi.

Tu sembles brandir comme un trophée une paire de Jordan V PE (Mickael Pietrus) As-tu une histoire particulière avec cette paire ? Pourquoi ce choix? Qu’apprécies-tu dans ce modèle ?
Cette paire m’a été donné par Mickael lui même, lui et moi sommes très proches et le mot est faible… Je me souviens quand il jouait à l’époque pour l’équipe NBA des Golden State Warriors, lors d’une mes visites, il décida de m’offrir plusieurs paires de Jordan lui appartenant pour ma collection de sneaker. J’étais tellement content et fier car on le dit pas souvent mais Mickael est l’unique joueur français a avoir été sponsorisé par la marque Jordan Brand et ça c’est juste incroyable. Personnellement, je trouve cela énorme. Elles portent toutes le numéro 2 de son maillot au lieu du numéro 23 de Jordan. Une vraie paire de collection.

Te souviens-tu de ta première paire ?
Je me souviens pas de ma première paire mais par contre je me rappelle bien de mes premières Adidas.. Elle était bleue et noire avec un scratch, je devais avoir 5 ans…

Es-tu un collectionneur ou un passionné ?
Je dirais passionné car je porte toutes mes baskets, le collectionneur aura plutôt tendance à les conserver intactes. Moi je les porte toutes car ça je les fais toutes kiffer pour éviter les embrouilles entres elles lol…. Elles découvrent une autre planète avec moi, et elles me rendent le voyage agréable de part leur confort. Je suis collectionneur également mais uniquement les kicks d’athlètes que j’apprécie…

Tu portes de nombreux tatouages, dont un sur le bras droit, saurais-tu nous donner sa signification ?
Tous mes tatouages ont une histoire. Celui la c’est le premier d’une longue série on dira. Il représente le commencement d’une nouvelle vie pour ma mère ma sœur et moi. Il représente exactement le bâtiment ou j’ai vécu à Sarcelles avec le terrain de basket juste en bas. Je me suis inspiré d’un de mes joueurs NBA préférés qui est Jason Williams pour la base du tatouage un Ballon de basket tenu par une main. Comme si je présentais mon univers au monde. Ce tatouage je l’ai réalisé quand j’étais joueur au Real Madrid. C était une fierté pour moi de représenter Sarcelles sur une partie de mon corps.

Pourquoi un tel engouement autour de la Sneaker aujourd’hui ?
Pour moi il n y’a pas d’engouement c’est juste que la sneaker s’est développé pour répondre au besoin d’identification du monde entier. Donc aujourd’hui, elle parle à beaucoup plus de monde, elle est devenue mainstream…

Tu possèdes une collection impressionnante de paires de sneakers portées par des sportifs célèbres ( Zidane, Kobe, Ronaldo,Kevin Garnett, Claude Makelele, Allen Iverson…). Explique nous comment tu as pu te les procurer ?
Premièrement c’était pas voulu, mais au final j’ai réussi à rassembler les kicks de plusieurs athlètes qui m’ont motivé pendant mon enfance et qui ont joué un rôle majeur dans mon développement en tant qu’homme. Au début je demandais aux joueurs de me signer des autographes pour des enfants qui me le demandaient. Cela me faisait plaisir de pouvoir les rendre heureux avec un coup de feutre sur un maillot ou une photo. Avec le temps, je suis devenu ami avec certains de ces joueurs, je me suis permis de leur demander leur outil de travail pour créer une collection personnelle à mon image. Le but n’ était pas d’avoir les kicks de tout le monde mais juste des joueurs qui m’ont aidé indirectement. En ce qui concerne certaines paires ce sont ces propres joueurs qui ont fait la démarche auprès de leur collègues pour moi.

Le Hip hop et basket-ball ont toujours été des univers très fusionnels en ce qui concerne la sneaker ? Comment expliques-tu la genèse de ce phénomène ( cette transversalité) ?
Je ne peux l’expliquer car pour moi je n’ai jamais imaginé cela autrement. L’univers d’ou émerge la pluspart des Rappeurs et des Basketteurs est celui de la rue le plus souvent… Et le code vestimentaire a pour point commun la sneaker. Donc pour moi c’est une évidence…

Parle nous de ton association Blackantz ?
J’ai créé l’association et la marque BlackAntz pour pouvoir mettre en avant tout les talents possibles. L’association aura comme but d’organiser des événements qui permettront aux talents de se rencontrer et s’affronter peu importe leur sexe ou le niveau. Ils pourront aussi par ce biais remporter des biens qui les aideront sur l’instant présent ou dans un futur proche. A la base nous sommes tous des BlackAntz car nous travaillons dur comme des fourmis noires dans notre quotidien pour vivre ou survivre.

Le mot de la fin ?
A tous les sneakers addict n’oubliez pas qu’au final c’est vous qui faites la sneaker et pas l’inverse. Restez authentiques et vous et elle ne feront qu’un…

Suivez l’association Blackantz sur Facebook: https://www.facebook.com/blackantzbox

Et aussi sur Twitter: https://twitter.com/blackantztweet

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Adidas vs Puma, histoire d’une saga familiale fratricide

Lorsque l’on évoque les marques Adidas et Puma, on pense tout de suite à des marques de sports historiques qui ont révélé des sportifs légendaires depuis les années 20, des modèles emblématiques comme la Puma suede ou la Adidas Stan Smith, désormais disparue des shops.

Mais ce que l’on ignore généralement, c’est que l’histoire qu’elles partagent est digne de nos journaux  «gossip», «people» et autres séries télé. Oui, l’histoire de ces deux marques révèleen fait que ce sont deux jumelles issues du «divorce fratricide» de la famille Dassler.

Tout a commencé dans les années 20 en Allemagne, à Herzogenaurach (en Bavière), où grandissent deux frères âgés d’une vingtaine d’années : Adolf Dassler (surnommé Adi), jeune homme introverti dont l’unique centre d’intérêt est le sport, et qui passait déjà son temps à fabriquer des chaussures de sport. Rudolph, son grand frère âgé de 22 ans, qui était très différent, extraverti, ne jurant que par sa voiture de sport fraichement acquise Rudolf choisit de suivre une formation dans la police.

Adolf, quant à lui, décide de réaliser son rêve et C’est plus exactement, en 1918, à l’issue de la Première Guerre Mondiale à laquelle participèrent les deux frères, d’ouvrir sa propre fabrique de chaussures dans l’ancienne laverie de sa mère : la « Gebrüder Dass ler Schuhfabrik» (fabrique de chaussures Dassler). Au début, il utilise des moyens  tout à fait rudimentaires : juché sur son vélo, il arpente les rues afin de chiner de quoi fabriquer des chaussures : des morceaux de musettes et de casques pour faire les semelles et des morceaux de parachute en guise de revêtements. Pour les fabriquer, il utilise son vélo connecté à une dynamo et fait pédaler un de ses deux employés pour produire l’électricité nécessaire (inimaginable aujourd’hui !). En 1921, Rudolph rejoint son frère et met son sens inné du commerce au profit de l’entreprise. C’est à partir de ce moment que l’entreprise va connaître un réel essor : Elle commence par fournir  l’équipe olympique allemande aux JO de 1928 à Amsterdam, puis Jesse Owens aux JO de Berlin dont la victoire aux JO fît  mondialement parler d’elle (mais ça, c’est une autre histoire !).

Ce gain de notoriété va ouvrir de nouvelles opportunités à l’entreprise familiale. Mais c’est également cet évènement qui sera à l’origine de divergences entre les deux frères : Adi, en grand passionné, voulait en profiter pour investir dans l’amélioration de ses produits, alors que Rudolph ne voyait que les bénéfices qu’il pouvait tirer de cette publicité.

Ces divergences s’ accentuent à partir de la Seconde Guerre Mondiale quand arrivent de nouvelles difficultés  : la production était contrôlée par le régime et donc ralentie, et Rudolph refusait de faire travailler ses neveux dans la fabrique pour leur éviter d’être appelés au front… le climat familial se détériore de plus en plus.

Hitler mit ensuite en place une politique de mobilisation totale, tous les hommes pouvaient alors être appelés au front… Ce qui fut le cas de  Rudolph… mais uniquement de lui ! Très en colère il décida de faire fermer l’entreprise pour la mettre à disposition de l’armée Nazi. Après avoir déserté de l’armée, Rudolph fut arrêté par la Gestapo puis étrangement libéré, et arrêté une seconde fois mais cette fois par l’armée Américaine.

A l’origine les deux frères étaient partisans du NSDAP et séduits par le tempérament d’Hitler, mais Adi s’est vite détaché des idéaux de celui-ci tandis que Rudolph continuait de suivre le parti (c’est pourquoi il était certain qu’il devait sa deuxième arrestation à son petit frère…).

Tandis que que Rudolph était toujours détenu par les Américains, tout allait pour le mieux dans la fabrique allemande qui avait trouvé une nouvelle clientèle, désormais américaine ! Et c’est d’ailleurs l’armée américaine qui fournissait alors la fabrique d’Adolph en matériaux pour fabriquer ses produits.

Après avoir été finalement libéré par l’armée allemande, Rudolph revint près de son frère, mais  ils avaient perdu toute confiance l’un en l’autre, et décidèrent de se séparer et de partager le matériel de l’entreprise. La fabrique de chaussure des frères Dassler fut officiellement fermée en avril 1948, non sans heurts et disputes.

L’histoire s’arrête là me direz-vous ? Absolument pas !

Du « divorce » Dassler sont nées deux entreprises : celle d’Adolph Dassler (qui garda la partie technique) et celle de Rudolph Dassler (qui garda la partie commerciale). Pour le nom, ils eurent tous deux  même idée : prendre la première syllabe de leur prénom, et l’accoler à la

première syllabe de leur nom de famille.

Pour Adolph cela donnait : «Addas»
Pour Rudolph cela donnait : «Ruda»
Le registre du commerce refusa le nom Addas à Adolph car étant trop proche d’une autre marque déjà existante.
Finalement, Adi rajouta une lettre et décida d’appeler sa société : Adidas.

Rudolph de son coté trouva «Ruda» peu vendeur, et décida de changer les deux consonnes pour aboutir au nom Puma.
Ces deux nouvelles sociétés étant voisines et sur le même marché, la guerre entre les frères Dassler
recommença de plus belle. Cette lutte  transgénérationnelle allait directement influencer la culture d’entreprise des deux marques ainsi que leur notoriété future.

Quelles seraient  les conséquences des choix stratégiques et de la séparation des deux frères ? Quelle politique commerciale s’avèrerait à long terme la plus pérenne? Découvrez la réponse à ces questions et la suite de  la saga familiale fratricide des marques Adidas et Puma dans un prochain article …

K.E

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La Jordan 3 se dévoile au All Star Game 1988…

Savez-vous quel est le point commun entre l’album Nougayork de Claude Nougaro, le lancement de la fusée Ariane 4, l’élection de François Mitterrand, et la naissance de l’artiste Rihanna ? Ou encore la création de l’émission Question pour un champion ? Et bien, tous ces événements se sont produits en 1988, soit exactement la même année que la sortie de la Jordan 3 Black Cement.

La comparaison peut vous sembler hasardeuse, mais elle est à la hauteur de l’impact que ce modèle a eu sur le marché de la sneakers et dans la rue. En effet les ventes du modèle ont atteint des records inégalés pour une paire de basket. On l’aperçoit aux pieds de Ricky Bell sur la pochette du disque du groupe New Édition « Heart Breaker » sorti en 1988, et toujours la même année c’est le rappeur Easy E qui arbore ses Jordan 3 White Cement sur la pochette de son album intitulé « Easy Duz it ». Dans le film pour enfant Little Monster, c’est encore l’acteur principal Fred Savage qui ne quitte pas ses Jordan 3 Fire Red d’une semelle …

Dans la saga Jordan, la Jordan 3 est le modèle de la marque qui faillit ne jamais voir le jour. En effet Michael Jordan souhaitait quitter Nike et créer sa propre marque car il voulait tout simplement se sentir investi dans la création ses chaussures, n’ayant pas été consulté pour l’élaboration des deux premiers opus de la gamme. Jordan par exemple n’avait pas du tout apprécié le prototype de la Jordan 1, craignant en la portant de passer pour un clown, mais surtout dont il trouvait les couleurs « diaboliques » (rouge et noir), et qui heurtait ses convictions profondes…

Mais au moment de sortir un nouveau modèle, les deux designers attitrés de Nike (Rob Strasser et Peter Moore) ont quitté le navire, et c’est donc à un jeune designer produit Tinker Hatfield (qui est architecte de formation) que la marque Nike confie la conception de la Jordan 3. Hatfield doit cette fois collaborer avec Michael Jordan. Au départ très réticent et exigeant quant-à l’orientation du produit, Jordan sera finalement très satisfait de cette nouvelle collaboration et prolongera dans la foulée son contrat avec Nike.

Comme chaque année c’est au « All Star Week End » que Nike présente ses nouvelles Jordan. Il a lieu cette année-là à Chicago et l’on y aperçoit pour la première fois la toute dernière création, la Jordan 3. Et là c’est une petite révolution par rapport aux deux modèles précédents. Ces derniers étaient pourvu d’une tige haute, et la Jordan 3 laisse à découvrir une paire mi-hauteur avec une allure fine. Le look de cette drenière 3 tranche avec celui de ses prédécesseurs notamment celui de la Air Jordan 2 dont le succès fut plus que mitigé. Son allure moderne marque un tournant dans l’historiographie de la marque et plus généralement dans la sneakers. On retrouve coté design un nouveau visuel l’éléphant skin sur le talon et sur une partie de l’avant de la chaussure qui lui procure un style inédit pour l’époque. Le logo “Nike Air” est maintenu sur le talon. L’empeigne est composée de cuir véritable, Le Jumpman, qui est désormais la nouvelle identité visuelle de la marque, apparait sur la languette à la place du logo avec les ailes « wings » jugé démodé. La semelle d’usure est quasiment similaire à celle de la Jordan 2, mis à part le point de rotation qui est recentré pour obtenir une adhérence optimale à l’arrêt, et pour les déplacements courts ou les changements de directions.

Jordan souhaite que ses modèles soient conçus en fonction de ses besoins sur le terrain et de l’évolution de son jeu, c’est pourquoi il insiste pour obtenir une chaussure plus légère, plus confortable, plus protectrice et plus flexible. C’est surement également la raison pour laquelle il opte pour cette version tige mi-hauteur alors qu’il n’avait jusqu’ici  évolué qu’avec des versions hautes. Cette nouveauté a permis de populariser les tiges mi-hauteur qui même si elles existaient avant, étaient très peu utilisé par les joueurs. La Air Jordan 3 l’a popularisée.

Mais la plus importante « avancée technique » est la bulle d’air désormais apparente, encapsulée dans une fenêtre située sur la semelle intermédiaire qui est en polyuréthane. Cette nouvelle technologie équipait déjà la Nike Air max de 1987. Rappelons-le, ce procédé révolutionna la course à pied et fut mis au point par Tinker Hatfield en personne. C’est donc une première pour la gamme Air Jordan.

Mais revenons à ce All Star Week End… En ce 06 fevrier 1988, comme beaucoup d’ados de mon âge, malgré l’heure tardive j’ai les yeux rivés sur le petit écran lorsque Jordan entre en piste pour le Slam Dunk Contest chaussé pour la première fois de la Jordan 3 White Cement. Il s’agit pour lui de défendre son titre acquis l’année d’avant. On compte 6 autres compétiteurs et parmi eux l’un des meilleurs dunkeurs du moment, un certain Dominique Wilkins joueur de la franchise des Atlanta Hawks qui a déjà remporté le trophée en 1985. Cet affrontement tiendra toute ces promesses : D’un côté, Wilkins est synonyme de force herculéenne et d’explosivité, de l’autre, Jordan incarne le hang time et l’élégance. Tout le public présent a déjà compris que le titre se jouera entre ces deux joueurs. Sans surprise, ils écartent sans difficulté les autres concurrents pour se hisser en finale. Galvanisés par la foule les deux athlètes vont nous gratifier d’arabesques aériennes de toute beauté, se rendant coup pour coup, tout en côtoyant le sublime.

Lors de la finale Wilkins assène deux dunks de toute puissance et absolument parfaits. Il obtient deux fois de suite la plus haute note, tout comme Jordan mais dans un style plus aérien et délié. Ils sont tout les deux à égalité au moment d’effectuer leur dernier dunk. Dominique Wilkins s’avance et martyrise une dernière fois le cercle, mais les juges sont d’un autre avis et lui attribuent une note légèrement inférieure aux deux précédentes. His Airness a donc son destin en main, mais pour l’emporter il va devoir sortir de sa besace un dunk « venu d’ailleurs ». Jordan prend son élan à l’autre bout du terrain et commence à dribbler et arrive à la ligne des lancers francs adverse. Il s’élance dans les airs pour dunker, le temps parait suspendu, on a littéralement l’impression de le voir planer jusqu’au cercle, pour venir y écraser la balle. Il rentre ainsi dans la légende avec ce geste qui reste à ce jour le dunk le plus spectaculaire de l’histoire du concours… Et naturellement les fans se rappellerons qu’il avait ses Jordan 3 White Cement vissées aux pieds, ce qui participera à la légende du modèle que les fans surnommeront désormais la Sky Jordan…

Mais c’est une autre version de la Jordan 3 que Michael Jordan va revêtir dès le lendemain, pour le prometteur match des étoiles : la Jordan 3 Black Cement, qui est une mouture très proche de la white Cement, mais avec une base noire, et qui lui confère un look plus agressif. Avec cette seconde version qui arrive dans la foulée, on peut dire que Nike gâte ses fans. Il est en effet de coutume de ne sortir qu’un seul coloris à l’occasion du All star game, et de sortir la seconde coloris lors des playoffs qui ont lieu au mois d’avril. Nike a décidé de frapper un grand coup jeu avec cette opération marketing, profitant du fait que le All star week end a lieu dans la salle des  Chicago Bulls, franchise dans laquelle joue Michael Jordan. Porté par ces circonstances exceptionnelles, Jordan remportera, en plus du slam dunk contest, le titre de MVP du match des Étoiles le dimanche 07 février au Chicago Stadium en inscrivant 40 points. Une performance énorme. Il engrangera trois autres distinctions individuelles à la fin de la saison, celle de meilleur marqueur du championnat, de meilleur défenseur de saison, et de meilleur intercepteur. Il devient le MVP de la saison régulière, 1988, «une saison momentum ».

Certains se rappelleront la campagne de pub qui suivit dans laquelle, Jordan lui même donnait la réplique au réalisateur afro américain Spike Lee interprétant Mars Blackmon, un personnage à l’origine qu’il incarnait dans son film nommé « She’s Gotta Have It » sorti en 1986. Tout ça pour vous dire que ce spot publicitaire est un véritable évènement. Il joue la carte humoristique, chose qu’aucune autre marque n’avait faite jusqu’alors. Cette campagne de pub intitulée «  The best earth. The best on mars »  reste encore décrite aujourd’hui comme l’une des plus réussies de l’histoire du marketing sportif. On comprend maintenant aisément pourquoi la Air Jordan 3 est si populaire…

SA.

Crédits photos Pierre Faitot et Seth hematch

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